Objectif : L'objectif de la décision est d'annuler la disposition de l'article 231/11 du Code de procédure pénale (CCP) qui permet la suspension du prononcé du jugement en matière pénale sous certaines conditions.

Portée : La décision a pour objet d'examiner la constitutionnalité de la disposition de l'article 231/11 du CPP au regard des principes de légalité, d'égalité, du procès équitable et de la présomption d'innocence.

Base juridique : Le fondement juridique de la décision est l'article 148/1 de la Constitution, qui confère à la Cour constitutionnelle le pouvoir de contrôler la constitutionnalité, tant en la forme qu'au fond, des lois, des décrets ayant force de loi et du Règlement intérieur de la Grande Assemblée nationale de Turquie.

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Quels sont les points principaux concernant ce problème ?

  • La Cour constitutionnelle a jugé que la disposition de l'article 231/11 du CPP viole le principe de légalité, qui exige que les lois pénales soient claires, précises et prévisibles. La Cour a motivé sa décision en soulignant que la disposition ne précise pas les critères de suspension du prononcé du jugement, et qu'elle ne définit pas non plus la portée et la durée des mesures de mise à l'épreuve pouvant être imposées au prévenu. La Cour a également relevé que la disposition ne réglemente pas les conséquences juridiques de la suspension du prononcé du jugement, telles que son effet sur la prescription, les droits de recours et les demandes d'indemnisation.
  • La Cour constitutionnelle a également jugé que la disposition de l'article 231/11 du CPP viole le principe d'égalité, qui interdit la discrimination fondée sur quelque motif que ce soit. La Cour a observé que la disposition crée une différence de traitement injustifiée entre les prévenus qui font l'objet d'une suspension du prononcé de la condamnation et ceux qui n'y sont pas soumis. La Cour a souligné que la disposition ne fournit aucune justification objective ou raisonnable pour accorder un tel pouvoir d'appréciation aux juges, et qu'elle peut conduire à des décisions arbitraires et incohérentes.
  • La Cour constitutionnelle a en outre estimé que la disposition de l'article 231/11 du CCP viole le principe du procès équitable, qui garantit à toute personne le droit à une audience publique dans un délai raisonnable par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi. La Cour a jugé que cette disposition prive les accusés de leur droit à une décision définitive et exécutoire, et qu'elle porte atteinte à leur droit d'accès à la justice. La Cour a également déclaré que cette disposition contredit le principe de transparence et de publicité, qui sont essentiels pour garantir la confiance du public dans le système judiciaire.
  • La Cour constitutionnelle a finalement jugé que la disposition de l'article 231/11 du CCP viole le principe de la présomption d'innocence, qui présume que toute personne est innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie. La Cour a soutenu que cette disposition crée une situation où les prévenus sont traités comme s'ils avaient été condamnés sans avoir fait l'objet d'une condamnation formelle. Enfin, la Cour a également affirmé que cette disposition porte atteinte au droit des prévenus de se défendre et de contester les éléments de preuve à leur charge.

 

Quels sont les points cruciaux concernant cette question ? 

    • La décision a été prise à la majorité (10 voix contre 6), avec six opinions dissidentes. Les juges dissidents ont soutenu que la disposition de l'article 231/11 du CCP ne viole aucun principe constitutionnel et qu'elle sert un objectif légitime de prévention de la récidive et de facilitation de la réinsertion sociale.

     

    • La décision a été publiée au Journal officiel le 8 mars 2023 et est entrée en vigueur à la même date. La décision a un effet rétroactif, ce qui signifie qu'elle s'applique à toutes les affaires pendantes et closes où la disposition de l'article 231/11 du CCP a été ou aurait pu être appliquée.
    • La décision a des implications significatives pour le système de justice pénale en Turquie. Selon certaines estimations, il y a environ 300 000 affaires où la disposition de l'article 231/11 du CCP a été appliquée ou aurait pu l'être. Ces affaires devront probablement être examinées et réexaminées par les tribunaux à la lumière de la décision, ce qui pourrait entraîner une augmentation de la charge de travail et des retards pour le système judiciaire.

     

    En tant cabinet d'avocats expert en Turquie, nous savons que les questions de droit pénal peuvent être particulièrement intimidantes pour les non-natifs. C'est pourquoi le cabinet Alfa Law Firm Antalya propose des services en plusieurs langues, notamment en français, en anglais et en néerlandais, garantissant une communication claire et une compréhension complète de votre situation juridique. Notre engagement envers l'excellence dépasse les frontières, faisant de nous votre partenaire de confiance pour naviguer dans les complexités du droit pénal en Turquie.

     

Comment ce règlement affecte-t-il les procédures de droit pénal ?

    • La décision annule l'une des alternatives de condamnation dans les affaires pénales. Avant la décision, les juges disposaient de quatre options pour prononcer une peine : l'emprisonnement, l'amende judiciaire, le sursis probatoire ou la suspension du prononcé du jugement. Après la décision, les juges n'ont plus que trois options : l'emprisonnement, l'amende judiciaire ou le sursis probatoire. En raison de cela, la décision affecte les droits et obligations des prévenus dans les affaires pénales. Avant la décision, les prévenus qui faisaient l'objet d'une suspension du prononcé du jugement devaient se conformer à certaines mesures de probation imposées par le tribunal, telles que se présenter à un agent de probation, effectuer des travaux d'intérêt général ou suivre des programmes de réhabilitation. S'ils violaient ces mesures, ils risquaient de voir leur jugement prononcé et exécuté. Après la décision, les prévenus qui faisaient l'objet d'une suspension du prononcé du jugement ne sont plus tenus par ces mesures, et ils peuvent demander au tribunal de prononcer et d'exécuter leur jugement. Alternativement, ils peuvent demander au tribunal d'appliquer un sursis probatoire à la place, ce qui leur permettrait d'éviter l'emprisonnement s'ils ne commettent pas un autre crime dans un certain délai. Comme nous l'avons souligné ci-dessus, la décision affecte le statut juridique et les conséquences des affaires pénales. Avant la décision, les affaires où le prononcé du jugement était suspendu étaient considérées comme définitives et closes, à moins que la suspension ne soit révoquée. Après la décision, les affaires où le prononcé du jugement était suspendu sont considérées comme pendantes et ouvertes, jusqu'à ce que le jugement soit prononcé et exécuté. Cela signifie que les prévenus peuvent faire appel de leur condamnation, réclamer des dommages-intérêts ou bénéficier de lois d'amnistie ou de grâce.
      Globalement, cette annulation a des implications significatives pour les procédures de droit pénal, en particulier dans les affaires impliquant le report du prononcé des jugements de condamnation. Par conséquent, les prévenus, les victimes et les praticiens du droit doivent être conscients de ces changements afin de garantir une conformité adéquate avec le nouveau paysage juridique. Si vous avez des questions ou des préoccupations concernant la réglementation, des avocats anglophones en Turquie, au cabinet Alfa Law Firm, sont là pour vous aider. Nos avocats et experts juridiques multilingues expérimentés peuvent vous fournir des éclairages et des conseils adaptés à votre situation, vous aidant ainsi à naviguer efficacement dans ces complexités juridiques. Contactez dès aujourd'hui le cabinet Alfa Law Firm Antalya pour une consultation afin de répondre à toutes vos questions.

Comment cette décision affecte-t-elle les mesures de probation dans les affaires pénales ?

    • Cette décision a deux conséquences sur les mesures de probation dans les affaires pénales : d’une part, elle supprime la possibilité d’imposer des mesures de probation aux prévenus faisant l’objet d’un sursis à l’prononcé du jugement. Avant cette décision, les juges pouvaient ordonner aux prévenus de se conformer à certaines mesures de probation, telles que se présenter à un agent de probation, effectuer des travaux d’intérêt général ou suivre des programmes de réinsertion, comme condition à la suspension du prononcé de la peine. Depuis cette décision, les juges ne peuvent plus appliquer ces mesures, et les prévenus sont libérés de toute obligation ou restriction.  Deuxièmement, elle accroît la probabilité d’appliquer des mesures de probation aux prévenus faisant l’objet d’un sursis à l’exécution de la peine. Avant cette décision, les juges avaient la possibilité de suspendre le prononcé du jugement ou de reporter l’exécution de la peine pour les prévenus répondant à certains critères. Depuis cette décision, les juges n’ont plus d’autre choix que de reporter l’exécution de la peine pour ces prévenus. Un sursis à l’exécution de la peine signifie que le prévenu est condamné à une peine d’emprisonnement, mais que l’exécution de cette peine est reportée pendant une certaine période. Pendant cette période, le prévenu doit se conformer à certaines mesures de probation imposées par le tribunal. Si le prévenu ne commet pas d’autre infraction au cours de cette période, la peine est annulée. S’il commet une autre infraction, la peine est exécutée.  Par conséquent, cette décision réduit le recours aux mesures de probation pour certains prévenus et l'augmente pour d'autres, en fonction de la nature de leur peine. Pour s'y retrouver dans les subtilités du droit pénal, notamment à la lumière des changements récents tels que l'abrogation de la règle régissant la suspension du prononcé du jugement, il est indispensable de bénéficier des conseils d'un expert. Que vous soyez prévenu, victime ou professionnel du droit, il est essentiel de pouvoir compter sur un avocat multilingue doté de connaissances approfondies et d’une solide expérience pour obtenir les meilleurs résultats possibles. Au cabinet Alfa Law Firm, nous comprenons les complexités du droit pénal et ses implications. Notre équipe est composée d’avocats francophones, d’avocats anglophones en Turquie et de professionnels expérimentés spécialisés en droit pénal. Si vous recherchez des avocats multilingues en Turquie, notre équipe diversifiée est là pour vous fournir une assistance juridique complète. Que vous fassiez l’objet de poursuites pénales ou que vous recherchiez des conseils concernant les récentes évolutions juridiques, notre équipe dispose de l’expertise nécessaire pour répondre efficacement à vos préoccupations. Si vous êtes confronté à des questions de droit pénal en Turquie, que ce soit en tant que victime, suspect ou prévenu, l’équipe du cabinet Alfa Law Firm est là pour vous aider. Contactez-nous dès aujourd’hui pour une consultation adaptée à vos besoins spécifiques. Grâce à nos avocats multilingues, à notre vaste expérience et à notre engagement à obtenir des résultats, nous pouvons vous apporter le soutien juridique dont vous avez besoin pour relever les défis du droit pénal en toute confiance. Votre parcours juridique commence par un premier entretien : contactez le cabinet Alfa dès aujourd’hui.